Philosophie
La démocratie

Au XVIIIieme siècle est apparue l'idée fondamentale que la liberté politique de chacun et l'exercice du pouvoir par tous sont une seule et même chose : Rousseau en fait le fondement de son Contrat social et de sa théorie du souverain. A strictement parler, la liberté (la souveraineté indivduelle) est inaliénable ; il en résulte un premier paradoxe de la démocratie : toute délégation de souveraineté est déjà une dégénéréscence de la démocratie, et pourtant une démocratie directe parait impraticable dans les états modernes. Le problème fondamental est de concevoir comment le peuple peut exercer le pouvoir politique. Le libéralisme politique issu de Locke et de Montesquieu, met l'accent sur la reconnaissance de la liberté individuelle et de l'égalité, et assure formellement l'exercice du pouvoir "populaire" par l'éléction des dirigeants et de suffrage universel. La démocratie se définie alors par la liberté des éléections (chacun est élécteur et elligible) qu'on croit souvent assurer par le pluralisme des partis politiques, la garantie du respect des libertés publiques fondamentales (expression, réunion, opinion), la limitation du pouvoir central face aux libertés individuelles (d'où le thème de la séparation des pouvoirs).
Cette conception peut être l'objet de plusieurs critiques :

 
Esthétique

Au XVIIe siècle, on citait beaucoup le vers suivant : Et les fruits passeront la promesse des fleurs. C'est une phrase de la langue française qui, en tant que telle, n'offre aucune particularité. On peut l'imaginer dite par un fermier au propriétaire d'un verger, et elle aurait alors pour sens de faire miroiter la perspective d'un bon revenu. Mais elle fait partie d'un poème, d'une oeuvre d'art, et à ce titre elle est particulièrement remarquable : elle est belle, elle contient un "je ne sais quoi" qui en assure la singularité. Ce "je ne sais quoi" est appréhendé dans une expérience spécifique: l'expérience esthétique ou jugement de goût. Le fait qu'il existe et repose dans une oeuvre d'art pour la distinguer de toute autre production ne saurait provenir d'une technique susceptible d'être apprise par tout le monde, puisqu'alors spécificité et singularité seraient perdues. Apparue soudain dans sa singularité, l'oeuvre d'art est la création du génie. Beauté, création et génie définissent l'objectivité paradoxale de l'esthétique. On peut en saisir le pradoxe dans la définition Kantienne du jugement de goût : le jugement de goût juge de ce qui plaît, mais de façon désinteressée, distinguant ainsi le beau du joli et de l'agréable ; il juge de façon universelle mais sans concept ; il juge de la finalité d'un objet, mais sans représentation d'une fin ; il juge d'une manière nécessaire, mais n'a que valeur d'exemple.